Nouvelles arrestations de militants au Vietnam

Reuters

30 juillet 2017

HANOI (Reuters) - Les autorités vietnamiennes ont annoncé l’arrestation dimanche de quatre activistes soupçonnés de menées anti-étatiques, nouvelle illustration de la répression accrue dont sont victimes des opposants au Parti communiste au pouvoir.

Liés à l’avocat Nguyen Van Dai arrêté en 2015 pour propagande anti-étatique, ils sont soupçonnés d’avoir agi en vue de renverser le régime. Le communiqué du ministère de la Police précise que Nguyen Van Dai, qui n’a pas été jugé à ce jour, va répondre d’accusations similaires.

Ces nouvelles arrestations surviennent alors que le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a exprimé vendredi dernier sa préoccupation concernant "l’intensification de la répression à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme au Vietnam".

L’Onu s’est notamment inquiétée de la condamnation mardi dernier à neuf ans de prison de la militante vietnamienne Tran Thi Nga, poursuivie pour ses propos sur internet. Moins d’un mois auparavant, c’est une autre blogueuse, Ngoc Nhu Quynh, alias Mother Mushroom, qui était condamnée à dix ans de prison.

"Les défenseurs des droits de l’homme ne devraient jamais être considérés comme des criminels qui menacent la sécurité nationale", a souligné le HCDH.

Des mouvements de défense des droits de l’homme dénoncent une répression "alarmante" contre les mouvements d’opposition vietnamiens. L’ambassadeur des Etats-Unis au Vietnam, Ted Osius, a évoqué pour sa part des arrestations et des condamnations "très troublantes".

Alors que le Vietnam a entrepris d’importantes réformes économiques et semble plus ouvert au changement social, le parti au pouvoir ne tolère pas les critiques politiques mais doit faire face au développement rapide de l’accès à internet et aux réseaux sociaux - le pays compte l’une des concentrations les plus élevées d’internautes en Asie - qui facilitent la diffusion des idées.

(édité par Matthew Tostevin et Larry King ; Henri-Pierre André pour le service français)

Source : Challenges