Vietnam : Appel à la libération des prisonniers politiques

Human Rights Watch

3 novembre 2017

Plus de 100 personnes sont incarcérées pour des motifs politiques peu avant la tenue du sommet de l’APEC

(New York, le 3 novembre 2017) – Le gouvernement vietnamien devrait immédiatement remettre en liberté toutes les personnes détenues ou emprisonnées pour avoir exercé pacifiquement leurs droits, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Un nouveau site Web documente les cas de 15 de ces individus, sur plus d’une centaine incarcérés pour des motifs politiques ou religieux.

Les dirigeants internationaux et partenaires commerciaux qui participent au sommet de l’Association de coopération économique Asie-Pacifique (APEC), prévu le 10 novembre 2017 à Da Nang, devraient saisir cette opportunité pour demander aux autorités vietnamiennes de mettre fin à la persécution systématique des critiques pacifiques du gouvernement et à garantir le respect des droits fondamentaux à la liberté d’expression, d’association, d’assemblée et de religion de leurs citoyens.

« Les séances photos et les accords commerciaux conclus avec les dirigeants du Vietnam, un État à parti unique, ne devraient pas détourner les dignitaires étrangers de passage dans le pays pour le sommet de l’APEC du sort de plus de 100 prisonniers politiques placés derrière les barreaux par ces mêmes dirigeants », a déclaré Brad Adams, directeur de la division Asie de Human Rights Watch. « Au moment où le Vietnam fait preuve d’hospitalité vis-à-vis des délégations internationales, ses autorités intensifient leur répression contre tout individu ayant le courage de défendre les droits humains et la démocratie. »

Depuis sa création en 1976, l’État vietnamien moderne et unifié emprisonne des personnes pour avoir exercé leurs libertés fondamentales. Actuellement, au moins 105 critiques pacifiques (consulter la liste ci-dessous) sont détenus pour avoir exprimé des opinions contre le gouvernement, pris part à des manifestations pacifiques, rejoint des groupes religieux non approuvés par les autorités ou des organisations civiles ou politiques que le Parti communiste vietnamien au pouvoir considère comme une menace à son monopole.

Le 25 octobre, lors de la dernière affaire en date, le tribunal populaire de Thai Nguyen a condamné Phan Kim Khanh, un blogueur étudiant âgé de 24 ans, à six ans de prison pour « propagande contre l’État de la République socialiste du Vietnam ». À l’expiration de sa peine, il sera remis en liberté conditionnelle et assigné à résidence pendant quatre ans. Le verdict devrait être annulé et Phan Kim Khanh immédiatement libéré, selon Human Rights Watch.

Au cours des 12 derniers mois, la police a procédé à l’arrestation d’au moins 28 individus pour atteintes à la « sécurité nationale », un chef d’inculpation invoqué pour museler la dissidence. L’arrestation la plus récente a eu lieu le 17 octobre dernier dans la province de Ha Tinh. Il s’agissait d’une militante écologiste, Tran Thi Xuan, accusée de sédition. Les blogueurs et militants vietnamiens des droits humains font l’objet de harcèlements policiers, d’intimidations, de surveillance excessive, de détentions et d’interrogatoires quotidiens. Beaucoup sont dénoncés dans les médias publics et la télévision nationale, d’autres sont ouvertement critiqués dans leurs quartiers. La police interdit fréquemment à ces activistes de quitter le pays ou les assignent momentanément à résidence surveillée pour les empêcher de participer à une manifestation ou de s’entretenir avec des diplomates étrangers. Les passages à tabac se sont multipliés, de même que les agressions par des hommes en civil agissant sous la protection des autorités. Les activistes vietnamiens arrêtés sont souvent placés en détention prolongée par la police avant leur procès, privés d’accès à une assistance juridique ou de visites familiales.

« Ni un sommet médiatisé de l’APEC ni de nouveaux accords commerciaux ne peuvent occulter cette réalité repoussante que le Vietnam est toujours un État policier qui ne tolère aucune dissidence », a conclu Brad Adams. « Tout dirigeant démocratique qui se rend à l’APEC mais ne prend pas fait et cause pour les prisonniers politiques vietnamiens devrait avoir honte de rater l’opportunité de se montrer à la hauteur sur la scène mondiale. Les bailleurs de fonds internationaux et les partenaires commerciaux devraient faire pression sur le Vietnam pour qu’il évolue vers un système plus démocratique respectueux des droits humains et de l’état de droit. »


Liste des prisonniers politiques vietnamiens
Human Rights Watch - Octobre 2017

Ce qui suit est une liste de personnes emprisonnées au Vietnam pour avoir exprimé des opinions critiques sur le gouvernement, participé à des manifestations pacifiques, ou adhéré à des organisations politiques ou religieuses non approuvées par les autorités du Parti communiste du Vietnam. Cette liste ne comprend que les personnes qui ont été condamnées et restent en prison, et n’inclut pas les nombreux détenus qui ont été arrêtés et dont le procès est en cours. Cette liste est presque certainement incomplète, car elle ne comprend que les condamnations que Human Rights Watch a pu documenter.

Nom / Année de naissance

  1. Phan Kim Khánh, 1993
  2. Nguyễn Văn Oai, 1981
  3. Trần Thị Nga, 1977
  4. Nguyễn Ngọc Như Quỳnh (Mẹ Nấm), 1979
  5. Rơ Ma Đaih (Ama Pôn), 1989
  6. Puih Bop (Ama Phun), 1959
  7. Ksor Kam (Ama H’Trưm), 1965
  8. Rơ Lan Kly (Ama Blan), 1962
  9. hinh Nông (Bă Pol), 1965
  10. Trần Anh Kim, 1949
  11. Lê Thanh Tùng, 1968
  12. Cấn Thị Thêu, 1962
  13. Ksor Phit, 1970
  14. Siu Đik, 1970
  15. Nguyễn Hữu Quốc Duy, 1985
  16. Ksor Púp (Ama Hyung)
  17. Siu Đoang, 1983
  18. A Jen, 1994
  19. Un Tik, 1952
  20. Đinh Kữ, 1972
  21. Thin, 1979
  22. Gyưn, 1980
  23. Nguyễn Đình Ngọc (Nguyễn Ngọc Già, 1966
  24. Ngô Thị Minh Ước, 1959
  25. Nguyễn Hữu Vinh (Ba Sàm), 1956
  26. Nguyễn Tiến Thịnh
  27. Hoàng Văn Thu
  28. Nguyễn Lê Châu Bình
  29. Nguyễn Văn Thông, 1969
  30. Kpuih Khuông
  31. Rmah Khil
  32. Rmah Bloanh
  33. A Kuin (Bă Chăn), 1974
  34. Ngư (a.k.a Bă Săn), 1972
  35. Điểu B’ré (Bạp Bum), 1969
  36. Điểu By Ơ, 1967
  37. Đinh Yum,1963
  38. Rơ Mah Plă (Rmah Blă / Ama Em), 1968
  39. Siu Tinh (Ama Khâm), 1978
  40. Rưn
  41. Chi
  42. Đinh Lý
  43. Đinh Ngo
  44. Thạch Thươl, 1985
  45. Ngô Hào, 1948
  46. Un Tách (Bă Hlôl), 1959
  47. Rung, 1979
  48. Jơnh (Chình), 1952
  49. Un Hyum (Bă Kôl), 1940
  50. Byưk, 1945
  51. Đinh Lứ, 1976
  52. Đinh Hrôn, 1981
  53. Đinh Nguyên Kha, 1988
  54. Phan Văn Thu, 1948
  55. Lê Duy Lộc, 1956
  56. Vương Tấn Sơn, 1953
  57. Đoàn Đình Nam, 1951
  58. Nguyễn Kỳ Lạc, 1951
  59. Tạ Khu, 1947
  60. Từ Thiện Lương, 1950
  61. Võ Ngọc Cư, 1951
  62. Võ Thành Lê, 1955
  63. Võ Tiết, 1952
  64. Lê Phúc, 1951
  65. Đoàn Văn Cư, 1962
  66. Nguyễn Dinh, 1968
  67. Phan Thanh Ý, 1948
  68. Đỗ Thị Hồng, 1957
  69. Trần Phi Dũng, 1966
  70. Lê Đức Động, 1983
  71. Lê Trọng Cư, 1966
  72. Lương Nhật Quang, 1987
  73. Nguyễn Thái Bình, 1986
  74. Trần Quân, 1984
  75. Phan Thanh Tường, 1987
  76. Hồ Đức Hòa, 1974
  77. Nguyễn Đặng Minh Mẫn, 1985
  78. Tráng A Chớ, 1985
  79. Kpuil Mel
  80. Kpuil Lễ
  81. Siu Thái (Ama Thương), 1978
  82. Phạm Thị Phượng, 1945
  83. Trần Thị Thúy, 1971
  84. Siu Hlom, 1967
  85. Siu Nheo, 1955
  86. Siu Brơm, 1967
  87. Rah Lan Mlih, 1966
  88. Rơ Mah Pró, 1964
  89. Rah Lan Blom, 1976
  90. Kpă Sinh, 1959
  91. Rơ Mah Klít, 1946
  92. Nguyễn Hoàng Quốc Hùng, 1981
  93. Trần Huỳnh Duy Thức, 1966
  94. Rmah Hlach (Ama Blut), 1968
  95. Siu Kơch (Ama Liên), 1985
  96. Nhi (Bă Tiêm), 1958
  97. Siu Ben (Ama Yôn)
  98. Rơ Lan Jú (Ama Suit)
  99. Nơh, 1959
  100. Rôh, 1962
  101. Pinh, 1967
  102. Siu Wiu
  103. Brong, 1964
  104. Y Kur BĐáp
  105. Y Jim Êban

Source : Human Rights Watch