La défenseuse des droits humains Đinh Thị Thu Thủy accusée et condamnée

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Frontline Defenders – 20 janvier 2021

Le 20 janvier 2021, la cour populaire de Hau Giang a condamné la défenseuse des droits humains Đinh Thị Thu Thủy à sept ans de prison. La défenseuse a été inculpée en vertu de l’article 117 du Code pénal, relatif à la propagande anti-étatique. Đinh Thị Thu Thủy est détenue depuis qu’elle a été arrêtée chez elle à Ho Chi Minh Ville le 18 avril 2020.

Đinh Thị Thu Thủy est défenseuse des droits humains et ingénieure. Elle est une ardente défenseuse de la liberté d’expression et de l’environnement, et elle dénonce ouvertement les effets négatifs des projets d’investissement à l’étranger.

Le 20 janvier 2021, lors de son audience en première instance, le tribunal populaire de Hau Giang a condamné Đinh Thị Thu Thủy à sept ans de prison. La défenseuse a été reconnue coupable de “fabrication, stockage, diffusion de propagande, de matériels et de produits visant à s’opposer à l’État de la République socialiste du Vietnam” en vertu de l’article 117 du Code pénal de 2015. Đinh Thị Thu Thủy a été arrêtée le 18 avril 2020 pour avoir soi-disant créé plusieurs comptes Facebook afin de diffuser des articles visant à déformer la politique du Vietnam et à diffamer ses dirigeants. Les autorités l’ont également accusée d’avoir critiqué la réponse du régime communiste à la pandémie de COVID-19.

La défenseuse des droits humains a été détenue au secret pendant sept mois jusqu’en novembre 2020, date à laquelle elle a finalement été autorisée à avoir des contacts avec sa famille. Đinh Thị Thu Thủy a eu accès à son avocat pour la première fois en décembre 2020, huit mois après sa détention. La défenseuse est mère célibataire d’une fillette de neuf ans et subit un stress psychologique intense en raison du manque de visites et de contacts avec sa famille.

Au cours des deux dernières années, Đinh Thị Thu Thủy est fréquemment victime d’acharnement judiciaire, de persécution et de surveillance de la part des autorités vietnamiennes. Après sa participation à une importante manifestation pacifique à Hô Chi MinhVille en juin 2018 contre deux projets de loi, le projet de loi sur la zone économique spéciale et le projet de loi sur la cybersécurité, la défenseuse a été arrêtée, battue, interrogée et condamnée à une amende avant d’être libérée. Le projet de loi sur la zone économique spéciale visait à favoriser les investissements chinois dans le pays, malgré les différends existants entre les deux pays et les répercussions environnementales de ces investissements. Le projet de loi sur la cybersécurité, qui depuis est entré en vigueur, s’efforce de réduire toute forme de dissidence ou de critique en ligne contre le gouvernement.

La condamnation de Đinh Thị Thu Thủy intervient après la condamnation de trois défenseur-ses des droits humains, Nguyen Tuong Thuy, Le Huu Minh Tuan et Pham Chi Dung pour les mêmes chefs d’accusation en vertu de l’article 117 du Code pénal. Le 14 janvier 2020, des experts de l’ONU, dans un communiqué de presse, ont condamné les récentes arrestations au Vietnam et l’utilisation dangereuse et flagrante de l’article 117 du Code pénal pour faire taire les voix critiques et restreindre davantage le droit à la liberté d’expression.

Front Line Defenders condamne l’arrestation et la condamnation de la défenseuse des droits humains Đinh Thị Thu Thủy. Elle est préoccupée par le rétrécissement de l’espace dans lequel les citoyens peuvent exercer leur droit à la liberté d’expression dans le pays, ainsi que par le l’acharnement judiciaire continu contre les défenseur-ses des droits humains. Front Line Defenders pense que Đinh Thị Thu Thủy, comme d’autres défenseur-ses des droits humains récemment arrêtés, est ciblée uniquement à cause de son travail pacifique en faveur des droits humains au Vietnam.

Source : Frontline Defenders

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