Le « Congrès du Parti de To Lam » instaure l’ère de l’État policier au Vietnam

19 janvier 2026

Le Parti communiste vietnamien ouvre officiellement aujourd’hui son 14e Congrès national.

À l’approche de cette réunion, To Lam a déclaré que le Congrès déterminerait l’orientation du pays pour les cinq prochaines années. De ce fait, les « véritables détenteurs du pouvoir », les vietnamiens, ont été complètement marginalisés et soumis à l’intimidation, à la surveillance et à l’emprisonnement. Un climat de peur s’est à nouveau emparé du pays, comme lors des précédents congrès du Parti.

Ce Congrès révèle l’étendue de l’emprise du général de police To Lam sur le pouvoir. Sa campagne de consolidation du pouvoir – par l’élimination des rivaux et la nomination de fidèles à des postes clés – a débuté dans les derniers mois du mandat du secrétaire général Nguyen Phu Trong et s’est poursuivie sans relâche jusqu’à la veille du 14e Congrès. Il est donc difficile de considérer ce rassemblement autrement que comme le « Congrès de To Lam », qui ne fera qu’accélérer les politiques visant à consolider la domination de la faction Hung Yen.

Le régime de To Lam présente trois caractéristiques intrinsèques, et leurs écueils respectifs.

Premièrement, les « réformes » emblématiques de To Lam risquent d’instaurer un capitalisme de connivence, où les groupes d’intérêts proches du régime domineront l’économie. Au lieu de libérer le dynamisme du peuple vietnamien grâce à une véritable libre entreprise et une société ouverte, l’expansion du capitalisme d’État ne ferait qu’aggraver la corruption et favoriser un système oligarchique.

Deuxièmement, la « diplomatie du bambou », promue par son prédécesseur et intensifiée par To Lam depuis sa nomination au poste de secrétaire général en 2024, témoigne d’une politique étrangère visant avant tout à préserver le monopole du pouvoir du régime, plutôt qu’à promouvoir le développement socio-économique du pays. De ce fait, Hanoï ne peut être un partenaire fiable dans un Indo-Pacifique libre et ouvert, car ses intérêts fondamentaux continueront de converger avec ceux de la Russie, de la Chine et d’autres régimes autoritaires.

Troisièmement, l’appareil sécuritaire qui a porté To Lam au pouvoir et qui domine désormais la vie politique vietnamienne a poussé le pays vers un État policier. Après des années de répression de la dissidence pacifique, la société vietnamienne sous le régime de To Lam risque de ressembler aux « camps de concentration » chinois, où les citoyens sont surveillés en permanence – de leurs actes à leurs pensées –, contraints de vivre dans la peur constante et sévèrement punis pour toute opinion différente de celle du pouvoir en place.

Le général To Lam et le Parti communiste vietnamien ne peuvent se soustraire à leur responsabilité dans les dommages infligés au pays et au peuple vietnamiens sous leur régime oppressif.

Pourtant, l’avenir du Vietnam n’appartient pas à la répression. Il se forgera lorsque le peuple sera libre de se lever, de s’exprimer et de façonner son propre destin. Le Vietnam mérite une véritable démocratie, une démocratie dans laquelle le peuple lui-même choisit un gouvernement qui sert le bien commun et place la nation au-dessus de toutes les factions, de tous les intérêts et de tous les partis.