Discours de Nathalie SEFF, Déléguée générale de l’ACAT-France durant la cérémonie de remise du prix des droits de l’homme Le Dinh Luong organisé par Viet Tan à Paris le 10 décembre 2023.
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Tout d’abord, je tiens, cher Michel, à vous remercier de m’avoir invitée à rejoindre le Jury du Prix Le Dinh Luong, j’en suis très honorée.
Le Dinh Luong auquel le Prix est dédié, est un homme que l’on a privé de 20 années de sa vie, pour avoir exercé un droit pourtant fondamental, la liberté d’expression. Le Tribunal populaire l’a qualifié de dangereux activiste et condamné à 20 ans de réclusion. Imaginez une telle condamnation à l’encontre d’un militant pour la démocratie, blogueur ou journaliste, activiste environnemental, dans un pays membre de l’Union européenne, un Etat de droit, démocratique, dont les principes fondateurs prennent leur source dans la Déclaration Universelle des droits de l’Homme, tels que l’égalité, la liberté, la justice.
La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme adoptée le 10 décembre 1948 à Paris, il y a donc 75 ans jour pour jour.
Remettre ce Prix en cette journée anniversaire qu’est le 10 décembre, ici, à Paris, à un défenseur des droits humains, victime de persécutions, de détention arbitraire, de peines et traitements cruels, inhumains et dégradants, et ce en toute impunité, témoigne de l’importance de sensibiliser, éduquer aux droits de l’Homme, à leur universalité, notamment les jeunes générations, et le caractère impératif qu’il y a à soutenir, protéger, défendre, les femmes et les hommes qui, à travers le monde, au sacrifice de leur liberté, pire au péril de leur vie, sont engagés corps et âme, à les faire vivre concrètement et à permettre aux plus vulnérables, aux plus exposés, de les exercer.
Il s’agit là, d’un objectif commun à tous les peuples, ou devrait l’être.
Un préalable que l’imminent juriste français, René Cassin, l’un des artisans majeurs de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, posa lorsqu’il déclara : « Il n’y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l’Homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit ».
On ne peut qu’en être convaincus, à voir le monde basculer de toutes parts, dans la violence, l’obscurantisme, la loi de la terreur, exposant ainsi tant de peuples et d’innocents à la répression, à l’enfer tortionnaire, à la barbarie.
Plus que jamais, les femmes et les hommes qui élèvent la voix, luttent pacifiquement, pour défendre les principes fondateurs des libertés et des droits inscrits dans la Déclaration de 1958, doivent être protégés, accueillis lorsqu’ils sont forcés à l’exil, soutenus et défendus pour ne pas perdre espoir et poursuivre leur action aux fins que tous les membres de la famille humaine dont nous tous ici faisons partie, retrouvent paix et dignité. Une Humanité envers laquelle nous avons tous, ensemble comme individuellement, des engagements en fraternité et en dignité.

La Déclaration Universelle des droits de l’Homme voit ses principes fondateurs et les droits qu’elle définit, régulièrement mis à mal. Les droits humains et les personnes qui, au péril de leur vie, luttent pour les protéger et les faire respecter, se trouvent de plus en plus en danger !
Il est donc primordial que les associations, les ONG, les activistes, défenseurs des droits, lanceurs d’alerte, les journalistes puissent continuer à garantir une vigilance constante, à constater, à témoigner, à dénoncer les violations des droits fondamentaux commises par les autorités de leurs pays respectifs et/ou de régions du monde qu’ils se sont donné pour mission de couvrir quoi qu’il leur en coûte. Le lauréat du Prix le Dinh Luong 2023 est une incarnation de cette conscience universelle.
Dimanche 10 décembre 2023

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