L’époux de Tran Khai Thanh Thuy s’exprime sur les événements du 8 octobre 2009

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Rapport des faits qui se sont produits le 8 octobre 2009 dans lesquels deux individus nous ont attaqués

Rapport des faits

À l’attention de :

Procureur de la République de la ville de Hanoï
Chef de la Sécurité Publique de Hanoï
Chef de la Sécurité Publique du district de Dong Da, Hanoï

Je m’appelle Do Ba Tan. Je suis né en 1959. Je réside au 46, allée 178, rue Kiêm Thiên, quartier Trung Phung, district de Dong Da, à Hanoï.

Je souhaite rapporter les faits qui ont eu lieu à 20h20 le 8 octobre 2009, et qui se sont déroulés en face de chez moi, au n° 46, allée 178, rue Kiêm Thiên.

Je rentrais du marché après avoir acheté de la soupe de riz pour ma femme, Tran Khai Thanh Thuy, qui était malade.

Pendant que je m’approchais de la maison, je remarquai la présence de nombreux agents de la sécurité (environ 14, 15 personnes). Alors que je rentrais chez moi, un des agents m’a demandé : “Qu’est-ce-que t’as à regarder, couillon ?” J’ai rétorqué : “Les couillons qui sont devant chez moi ?”

J’ai alors garé ma moto près de chez mon voisin, Thang, juste en face de chez moi, dans un passage étroit. Je tiens à préciser que je n’ai aucunement laissé ma moto en plein milieu de la rue comme on tend à le faire croire. Quand j’ai essayé d’ouvrir la porte, un des individus est venu me dire : “Eh, toi, bâtard, c’est comme ça que tu gares ta moto en plein milieu de la rue ?”. Alors que j’étais encore sous le coup de l’étonnement, il a commencé à me frapper à l’estomac. Je lui ai expliqué que je devais d’abord ouvrir la porte avant de pouvoir faire entrer la moto. Un autre type est venu et ils ont continué à me donner des coups de poing à l’estomac, à la poitrine, au visage et à la tête. J’ai eu très mal. Ils ont utilisé une lampe torche d’environ 3,5-4 cm de diamètre et long d’une trentaine de cm, ainsi que mon casque de moto que j’avais laissé sur ma moto pour me frapper. J’ai appelé à l’aide.

J’ai vu que les voisins étaient sortis pour regarder mon agression. Le plus surprenant était que les agents de sécurité étaient debout, tout près, mais qu’ils n’ont rien fait pour faire cesser l’agression.

Entendant mes cris, ma femme et ma fille sont descendus du 3e étage. Elles ont mis un certain temps à ouvrir la porte tandis qu’ils continuaient à m’asséner des coups de poing. Ma femme a essayé de s’interposer mais s’est retrouvée projetée contre la porte. Elle a ramassé une brique (que j’utilise habituellement pour caler un fil électrique) et s’est retournée vers les hommes. Mais l’un des types en uniforme de la défense civile le lui a arrachée des mains et l’a frappée avec. Je l’ai aussitôt entendue crier « Il m’a cassé la tête ». J’ai remarqué le sang qui sortait de la blessure, qui coulait de ses cheveux sur son épaule. Le sol a tout de suite été recouvert du sang qui coulait de cette blessure. Pour les faire reculer, ma femme les a menacés avec un bâton en bois. J’ai vu ce grand type à la chemise blanche (celui qui m’a frappé alors que j’ouvrais la porte) reculer et perdre l’équilibre (la maison qui se trouve à la gauche de la mienne est plus basse de 50cm). Voyant les deux types reculer, j’ai ramassé la soupe de riz et l’ai donnée à ma femme pour qu’elle la ramène dans la maison. Aussitôt qu’elle l’a eue dans les mains, l’un des types s’est lancé vers elle et a fait voltiger la soupe d’un coup de pied.

Ma femme s’est alors réfugiée à l’intérieur de la maison. Il lui a alors crié “Sors de là si tu oses”. Puis vociférant “Espèce de p…, demain on va te planter avec une aiguille de SIDA pour te faire crever”. Pourtant, les journaux locaux ont prétendu qu’il aurait été durement frappé et qu’il aurait perdu connaissance, et que ses blessures auraient nécessité une ambulance et des soins médicaux.

À cet instant, j’ai dû lui demander « S’il vous plaît, laissez moi ranger ma moto à l’intérieur de ma maison ».

Une fois chez nous, j’ai pris une serviette propre pour arrêter l’hémorragie de ma femme, tout en me demandant comment nous allions pouvoir aller aux urgences de l’hôpital.

Ma belle-mère, madame Lê Thị Thanh Phong, était arrivée quelques instants plus tôt, pour nous rendre visite. Elle a été témoin de l’agression de sa fille.

Environ 15 minutes plus tard, nous avons reçu la visite de Monsieur Tran Viet Dung, chef de la Sécurité Publique du quartier Trung Phung, accompagné d’un certain nombre d’agents de la sécurité publique et de la défense civile du district. À leur demande, nous les avons fait entrer. Nous leur avons ensuite demandé si nous avions l’autorisation d’emmener ma femme à l’hôpital afin de faire soigner sa blessure. M. Tran Viet Dung a répondu aimablement : « Pourriez-vous venir au poste ? Nous vous délivrerons un certificat pour aller aux urgences de l’hôpital. »

Nous étions au poste environ 3 minutes plus tard. C’est donc en totale contradiction avec la publicité des médias incluant Dan Tri, An Ninh Thu Do, Cong An Nhan Dan, et Lao Dong, qui prétendent que les autorités gouvernementales auraient attendu pendant des heures avant de pouvoir entrer chez nous. Je n’ai jamais élevé la voix contre les autorités ainsi que l’ont relaté leurs articles.

Nous étions au poste vers 20h50 et avons attendu … Nous avons demandé à rencontrer M. Dung qui avait donné son accord pour les soins. Cependant, ici, M. Dung a brusquement changé de ton : « Terminez votre déclaration pour le procès-verbal avant d’aller à l’hôpital ». Nous avons dû nous résoudre à attendre encore, tout en voyant défiler un certain nombre d’officiers de la sécurité publique du district de Dong Da. Ils montaient tous à l’étage où se tenait apparemment une importante réunion. Il a fallu qu’on attende jusqu’à 2 heures du matin pour qu’un policier nous questionne et recueille nos déclarations sur les faits qui s’étaient déroulés devant chez moi.

Nous avons demandés à rencontrer nos agresseurs pour une confrontation des faits, mais notre requête a été ignorée. J’ai alors demandé directement à M. Tran Viet Dung de rencontrer les fautifs, mais M. Dung m’a alors dit : « Non, nous devons les questionner à l’étage ! »

Lorsque j’ai entendu par la suite que « la victime a été grièvement blessée et transportée aux urgences », je suis tombé des nues car nous ne les avons jamais agressés, alors qu’ils nous ont attaqués. Ils étaient encore à hurler des insultes devant chez nous quand nous nous étions déjà retirés. Personne parmi eux n’a été blessé.

Mais j’ai ensuite commencé à comprendre avec inquiétude : ma femme et moi, nous sommes des victimes, et ils essaient maintenant de nous transformer en agresseurs.

Jusqu’à 7 heures du matin le 9 octobre 2009, mon épouse et moi-même étions encore interrogés. On nous a même soumis à « des fouilles corporelles pour vérifier les blessures. » À ce moment, j’ai vu les policiers en uniformes impeccables, équipés d’appareil photo et de caméras.

Vers de 10 heures, on m’a ramené chez moi pour que j’ouvre ma maison. Ils m’ont ensuite lu l’ordre de perquisition urgente pour le motif « coups et blessures volontaires ». À ce moment-là, ma femme était toujours au poste. J’ai fait remarquer que ma femme était la victime et que de ce fait elle devait assister à la perquisition. Ils m’ont répondu : « Votre présence est suffisante ». Lorsque l’Officier de la Sécurité Publique du District a lu l’ordre de perquisition dans le cadre de l’enquête « coups et blessures volontaires », j’ai immédiatement protesté parce que mon épouse et moi-même, nous avions été les victimes de cette agression.

J’ai protesté contre cette décision qui nous faisait porter le chapeau, cette diffamation du service d’enquête de la police de Dong Da, ce à quoi un officier du nom de Thang m’a rétorqué que si je voulais contester, je n’avais qu’à aller me plaindre devant le tribunal. J’ai alors refusé de signer l’ordre de perquisition pendant que trois caméras et deux appareils photos me filmaient et me photographiaient.

La perquisition a duré une dizaine de minutes. Ils ont pris mon casque qui était accroché à ma moto, un bâton long d’environ 80cm et une brique que j’utilise pour caler des fils électriques près de la porte. Les agents ont posé les objets contre un mur pour prendre des photos, puis ils ont mis sous scellés mon casque et le bâton. Ils ont demandé aux chefs du quartier n° 23 et 45 de témoigner de cette mise sous scellés. Ils ont laissé la brique sur place.

Je fus ensuite reconduit au poste pour finir les formalités de la perquisition.

Aux alentours de 11 heures, on m’a permis de retourner m’asseoir auprès de ma femme. Nous étions sous la surveillance des plusieurs membre de la défense civile. Après une nuit sans dormir ni manger, nous étions tous les deux très fatigués. Ma femme, blessée avec du sang plein la tête et sur les vêtements, n’a reçu aucun soin. Elle voulait très fortement rentrer à la maison pour se laver et soigner sa blessure. Ils nous ont promis qu’on pourrait rentrer chez nous rapidement.

Plus le temps passait, plus nous étions inquiets… À 14h15, sans aucune déclaration ni parole, nous avons été menottés et un agent a dit en riant : “À l’hôpital !” En fait, le fourgon nous a amenés au centre de détention provisoire.

À la maison, personne ne savait ce qui nous était arrivé. Notre fille a voulu nous rendre visite et nous apporter des repas, et c’est comme cela qu’elle a appris que nous avions été transférés en détention provisoire. Elle n’a pas su quoi faire d’autre que de rentrer à la maison pour prévenir sa grand-mère.

Le 12 octobre 2009, à 17 heures, j’ai reçu l’ordre de levée d’écrou signé du Lieutenant-Colonel Nguyen Van Thanh, adjoint du chef du service d’enquête.

A mon retour, en lisant les articles de presse du An Ninh Thu Do (Sécurité de la Capitale), Cong An Nhan Dan (Sécurité Publique), Lao Dong (Travail), et Dan Tri (Intelligence Populaire), j’ai souri amèrement. De nos jours, c’est si simple d’écrire des articles pour les journaux, sans aucune vérification ni enquête, sans se préoccuper de la vérité. En publiant ces articles, ils ne se gênent pas pour diffamer les faibles, piétinant les règles déontologiques du journalisme.

J’ai relaté ce qui est arrivé à ma famille, avec beaucoup d’émotion et d’amertume. Mais au fond de moi, je reste lucide, confiant et solide après ces journées de dure détention. Je revois tous ces événements défiler comme le film de ma vie !

L’absolue vérité c’est que notre couple a été agressé, et que nous sommes totalement innocents des accusations portées contre nous.

Nous demandons au procureur du parquet de Hanoï, au Directeur du Service de la Sécurité Publique de Hanoï, et au Chef de la Sécurité publique du district de Dong Da de regarder la vérité en face et de poursuivre les vrais coupables.

Veuillez libérer rapidement ma femme, Tran Khai Thanh Thuy. Elle est innocente.

Fait le 15 octobre 2009 à Hanoï.

Personne ayant rédigé ce rapport :

Do Ba Tan
Signature

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